Fondation Paul Sedille 1912

 

Cité dans la revue « architecture » [119]  du 6 Juillet 1912

 

Congrès annuel XLV Congrès annuel des Architectes français :

Distribution solennelle des récompenses dont le prix Paul Sedille à Gentil et Bourdet

 

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« Vous connaissez tous ou vous avez tous connu quel intérêt notre regretté confrère M. Paul Sedille portait aux industries d'art; aussi ne vous étonnerez-vous pas qu'il ait fondé à la Société Centrale un prix consistant en une médaille d'argent pour ces ouvriers d'art qui sont souvent nos auxiliaires et souvent aussi nos collaborateurs. Cette année, notre choix s'est porté sur MM. Gentil et Bourdet, céramistes, à Billancourt. Je crois que vous connaissez suffisamment cette maison dont vous avez pu voir les grès émaillés ou les mosaïques un peu partout, travaux qui lui ont valu des récompenses dans toutes les expositions où elle a figuré. Vous savez que MM. Gentil et Bourdet se sont appliqués à rénover ou à essayer de rénover, tout au moins, la céramique décorative, et ils occupent maintenant une place enviée parmi leurs collègues; Je puis ajouter même qu'ils ont la confiance des architectes qui les ont employés, ce sont de tous points des collaborateurs; ce que vous ne savez pas probablement, c'est que M. Gentil et M. Bourdet sont tous deux anciens élèves de l'École des Beaux-arts, atelier Laloux. M. Gentil a même eu son diplôme d'architecte, et c'est en suivant les travaux de M. Risler pour le pavillon de la Manufacture de Sèvres à l'Exposition de 1900, que M. Gentil fut amené à étudier de près la fabrication céramique de Sèvres; Son esprit chercheur eut l'idée d'étudier de plus près la technique céramique, et c'est après en avoir parlé longuement avec son camarade et ami Bourdet, que nos deux lauréats, s'installant à Billancourt, travaillèrent trois ans de leurs mains comme d'autres potiers de la Renaissance et virent petit à petit éclore entre leurs mains ces grès flammés dont les riches colorations sont. si appréciées aujourd’hui. En leur donnant la médaille à eux deux, nous entendons récompenser aussi bien l'un que l'autre, car leur collaboration est si étroite que l'on ne comprendrait pas leurs produits s'ils n'étaient signés de leurs deux noms. Après avoir été si étroitement unis dans la recherche et le travail ardu des premières années, ils doivent également être associés à 1'honneur. »